Moi ronchonchon ??? mais noooon… !
Parfois… je dis bien parfois… mais c’est trèèèès rare… je suis un peu ronchonchon.
Mais toujours pour une bonne raison, hein !
Et dernièrement je me suis fabriqué une bonne raison ! Et j’en suis très fier… mais un brin ronchonchon… que je vous explique.
C’est en donnant un coup de collier à mon métier de Colporteur, que cela est arrivé.
Je traverse tous les siècles pour en raconter les chroniques glanées ici et là (si vous ne savez pas ce qu’est un Colporteur d’histoires, je vous le raconterai avec plaisir) … De par mon métier de chroniqueur je dois être à « la page » (comme on dit) et pour moi cela implique d’être toujours à l’écoute des gens, objets, lieux et mondes que je croise afin de m’en inspirer pour écrire et raconter des histoires Fauthentiques. Et ce n’est point un secret que de vous dire que dans le siècle présent, le maitre mot qui est la canne blanche des sociétés actuelles c’est « VITE » … Alors je fais « Vite » mais à mon rythme.
Ne voulant pas paraitre rétrograde, mais tout en conservant mon verbe passéiste, j’ai pris la ferme décision d’emboiter le pas à cet unanime élan (« Vite, Vite, Vite… ») et pour ce faire, j’ai modernisé un élément majeur de mon « apparence ».
Et c’est à ce moment-là et un peu par la suite… (je dis bien un peu), que je suis devenu ronchonchon … Mais pas tout le temps hein, vous m’avez compris : à mon rythme.
Il y a longtemps, je bravais les chemins à l’aide de cannes qui finissaient par s’user et j’en ai changé maintes fois.
Il y a longtemps, j’avais des croques-poussières aux pieds qui se sont usées sur les chemins caillouteux et j’en ai changé maintes fois.
Depuis 18 ans j’ai parcouru les routes et cheminoux avec ma jolie roulotte « Charlotte », j’ai grandi avec elle. Ma roulotte de son coté, s’est imprégnée de la couleur du temps et des gens afin de devenir « elle » et le temps s’est écoulé en aventures renouvelées. J’ai décidé (une décision longuement réfléchie) oui…j’ai décidé qu’il était temps que nous nous affranchissions de cette dépendance l’un de l’autre.
Il est temps pour elle de s’épanouir en un lieu apaisant. Auprès d’une bonne âme qui respire le calme, la douceur, qui la regarde avec amour. Charlotte va renouer ses racines anciennes de roulotte avec Filip, une belle nouvelle vie l’attend.
Il est temps pour moi de réaliser les rêves qui ont germé grâce à elle : dépasser les limites, rencontrer plus de gens, plus de régions, de pays, découvrir d’autres lieux, d’autres festivals, de nouvelles fêtes, raconter devant un plus large public, sur le banc d’un estaminet, sur la place d’un village, entre les murs des écoles. Ecrire et cueillir d’autres murmures… écrire, clamer et raconter bien plus d’histoires Fauthentiques… écrire et raconter sans limites.
Il est temps pour nous de colorer encore plus le monde que nous traversons à notre image, car les nuances, teintures, pigments s’impatientent de rejoindre rêves et projets… une belle nouvelle vie nous attend.
Mais je m’éloigne du sujet de mes premiers mots : si vous m’avez vu ronchonchon (trèèès peu, presque pas, voire quasiment jamais…) c’est pour une bonne raison.
Mon « apparence » a changé (lorsque je dis « apparence » vous avez compris que la roulotte et moi faisions un, donc sans elle je suis censé être nu… mais non !).
J’ai imaginé et fabriqué un compère voyageur qui s’est inspiré de l’âme de sa consœur et qui frétille d’impatience de dévoiler la sienne avec vous. Il se prénomme « Balandrin » : je le perçois comme un brin de lumière, de rire, en toute modestie : mon alter et go robuste mais tout en légèreté…, attrayant et hypnotique par son opulence et ses couleurs.
Mais aussi, un brin mystérieux ou magique, du temps que le Vicelier (lui vous ne l’avez pas encore rencontré, ses histoires sont pour les plus grands) ou le Chambellan (ah lui il n’apparait qu’en décembre pour raconter des secrets, chuuuut) le prendront en main… Mais je ne vous ai pas encore tout dévoilé car ça chauffe-bouillant d’idées surprenantes.

Et bin ce « Balandrin » voyez-vous, il n’avance pas tout seul (car lui et moi déambulons lorsque nous ne sommes pas en représentation statique) : on a la bougeotte.
Alors, je le pousse ou je le tire, il m’arrive même de le soulever tant bien que mal pour passer un obstacle, tout en pestant à l’idée que j’ai eu de l’emmener avec moi sur mes tournées (c’est à ce moment précis que je suis ronchonchon). Je devine mes confrères du temps longtemps qui démarchaient plus « légers », juste avec une valise et allaient d’un hameau à des maisonnettes en suivant les sentiers d’herbes folles des chevreaux, tandis que moi… il me faut contourner, tournevriller et passer par des chemins moins tarabiscotés pour atteindre quelques villages, festivals ou maisonnées esseulés.
Et je vous dis pas lorsqu’il y a des pavés : il bringuebale, cahote, tangue et se fait entendre !
Pour vous mon Balandrin : il est vrai qu’il est un peu volumineux, ses 4 bras levés au ciel crochent parfois quelques branches basses, son tour de taille ne me permet pas d’emprunter des chemins trop étroits et encore moins les portes filiformes.
Mais il campe bien sur ses appuis car je le charge volontiers de bien des choses : on ne sait jamais s’il venait à manquer, oooh que je m’en voudrais plus encore.
Suivant les festivals, les thématiques, les époques, mon Balandrin change d’apparence et oui ! Il a su se parer d’attributs médiévaux ou de sentiments amoureux pour parler comme les troubadours et bientôt d’attributs vikings pour soutenir les histoires de l’âme du Skald.
Pour souligner mes histoires qui traversent les siècles, il a sorti de ses valises des objets ou secrets des champs de batailles, des secrets endormis ou bâillonnés qui tout en venant d’hier résonnent bien malicieusement aujourd’hui.
Il en prend de la place mais je reconnais volontiers qu’il fait son office lorsque l’on nous entend arriver.
Tututu… je n’en dis pas plus, je vous laisse le découvrir, car il a avec lui bien d’autres « accessoires » qui font déjà parler et qui je l’espère vous titilleront l’imaginaire.
Nous avons vécu de belles histoires avec ma roulotte « Charlotte », j’en garde sa patte, merci à elle… Place maintenant au « Balandrin » et aux futures chroniques qui vont nous lier et nous envoler ensemble !
A tout bientôt de vous rencontrer.

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