Hervé, le Castor

Bien souvent, j’emprunte la route des « jacquets » car j’aime à croire que ces chemins et la nature environnante, s’imprègnent des pensées de ses fervents pèlerins… en posant mes pas dans leurs pas, c’est tout comme si je ressentais leur piété humecter mes pensées… peut-être qu’un jour, moi aussi…

Tout à mes rêveries, je devinais plus que je ne vis, une créature s’avancer face à moi, tout là-bas sur le chemin de Mélisey. Il m’arrive de croiser quelques animaux et j’aime à les écouter parler usant d’images pour remplacer les mots….

Le castor avançait vers moi en dodelinant de la queue, et plus il se rapprochait, plus j’entendais les images qui défilaient vitement dans son esprit. J’aperçus pêle-mêle, une grande forêt arborée, une rivière tumultueuse, de solides barrages, des huttes accrochées aux berges desquelles s’échappaient des rires ou des pleurs (je ne comprenais pas tout) et même une communauté de castors faisant réunion. Oh j’en ai vu des choses dans sa tête, mais je ne veux en rien froisser sa modestie, alors chuuuut…

Ce que je peux vous dévoiler c’est que ce castor laissa échapper quelques soupirs silencieux qui me laissèrent entrevoir sa bien aimée et ses deux castoreaux verser de chaudes larmes lors de son départ. Car en bon castor bûcheur et taciturne, il avait pris le temps pour prendre sa décision. Une décision irrévocable qui allait changer des vies dans sa communauté (il l’espérait de tout son cœur), en commençant par la sienne.

Il avait décidé de prendre son baluchon, de quitter sa famille, ses amis, sa besogne, afin d’aller par les routes pour trouver des réponses et donner un coup de pouce à la vie de ses semblables. Voilà t’y pas de drôles d’idées ? Je m’étais caché afin de ne point l’effrayer ni le distraire, il passa devant moi d’un pas calme et serein. Et des questions j’en voyais dans sa tête et pas la queue d’une réponse.. ou-bien si, mais cachées au plus profond.

Et puis… et puis …. Ses émotions devinrent bulles de savon, aussi fragiles que ses pensées pour d’autres castors bien malades qui attendaient un miracle de la vie. A la lumière de leurs visages, le sien s’éclaira, se releva : pour ses semblables mais aussi pour nombres d’autres animaux volants, nageant ou rampants, il allait marcher et marcher et marcher…. Pour eux, il allait se battre, il irait à la rencontre de tous les êtres qu’il croiserait afin de tendre sa main comme une coquille pour serrer la pogne des autres… pour partager, discuter, convaincre qu’il est possible de donner un coup de pouce à la vie afin qu’elle refleurisse dans le cœur de celles et ceux qui en ont le plus besoin. Toujours dodelinant mais avec un soleil dans le cœur, il s’éloigna sur le chemin, sûr de son ambassade….

Je repris la route de mon côté, pensant que sa route serait rude, difficile, incomprise… Mais pourquoi pas, hein ? Pourquoi pas…. Un grand homme a dit un jour « Les deux jours les plus importants de votre vie sont le jour où vous êtes né et le jour où vous découvrez pourquoi »… je crois que ce castor à trouvé sa réponse et fort de cette foi, il va y arriver… oui il va y arriver… Et vous vous y croyez ??


Hervé est sur les chemins de Compostelle depuis le 8 juin, pour suivre son parcours et soutenir son pélerinage pour une nouvelle vie, une marche pour la recherche contre le cancer et les maladies du cerveau c’est ici :

Crédit photos et vidéo @Hervé Olivier


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Publié par Fauthentic Compagnie

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