Oh depuis ma prime jeunesse, je peux m’enorgueillir d’en avoir couru et fréquenté tout mon soûl… et de tous les horizons, mais celle-ci voyez-vous… elle a un je-ne-sais-quoi qui m’a marqué l’esprit et le cœur. Il me souvient de l’avoir effleurée il y a de cela quelques années et bien que l’aventure fut fortuite, elle m’avait laissé un joli parfum de « souviens-toi de moi car tu reviendras » ! …Et elle avait raison…
Afin de vous laisser à loisir poser des images sur le ravissement qui m’a envahi, je puis sans trop en dire, vous en révéler l’évanescence de l’entrecroisement.
C’était au soir tombant et j’étais grisé par les joliesses naturelles que je sentais palpiter autour de moi. Afin de calmer les émotions qui troublaient ma vision et me faisaient bondir le cœur, je posais bas mes affaires à l’orée d’un champ et m’étendais sur l’herbe tendrement chauffée par le soleil qui lui aussi se couchait. Lascivement allongé, les bras écartés, du bout des doigts je palpais avec gourmandise cette toison chaude frémissante… J’avais l’esprit à nu et ouvert à toutes les douceurs naturelles qui s’offrent aux Hommes.
Mes yeux vagabondaient de l’une à l’autre des beautés nocturnes des lieux, j’écoutais les suaves notes murmurées par des oiselles intriguées et curieuse, tandis qu’un doux-léger souffle chaud caressait mon visage… Enivré de tant de volupté, dans une agitation, je m’écartais du droit chemin et attouchais un de ses sillons. Mes doigts s’enfoncèrent plus profondément dans la moiteur qui s’écoulait. Une fragrance puissante et boisée vint emplir mes narines… Et au petit matin je me suis réveillé imprégné des senteurs d’une nuit partagée sur elle… et égaré : oui je ne savais plus où j’étais.
Je vous entends dans votre défiance à me rétorquer que celle que vous fréquentez par chez vous, est d’une beauté tout à elle. Peut-être…oui… peut-être que lorsque mes yeux se poseront sur elle, lorsqu’elle s’étendra devant moi… Peut-être que j’en tomberai amoureux, que j’en suivrai les contours et qu’au final, je m’attarderai en son sein… Peut-être….
Mais écoutez-moi vous parler d’elle et vous donner l’envie de la découvrir… Il n’est point de rencontre avec elle, que mon cœur chavire : hier encore mes doigts effleuraient les veines d’une de se frondaisons, jusqu’à descendre sur le tapis moussu qui la couvre et là…là je m’enfonçais avec tendresse en elle et j’ai senti… Oui j’ai senti qu’elle s’immisçait à son tour en moi par le truchement de mes mains. Ma peau s’imprégnait de son parfum et mon cœur le respirait. Alors oui, elle est en moi et sans trop en déflorer sa nature, je puis vous la décrire à petits mots …. Fermez les yeux et voyez par vous-même….
Sa chevelure est châtaignée d’écru et parsemée de fins épis d’un blond solaire s’entremêlant avec des ruisseaux d’éclats de rires.
Laissez voleter votre regard et vos yeux caresseront les courbes pleines et douces de ses bombements. Longez rêveusement sa robe boisée d’écru et vous vous perdrez dans le duvet d’un val au creux duquel coule une source éternelle.
Accrochez-vous à un de ses mamelons et admirer le moindre de ses bourrelets, synonyme de fertilité. Respirez-là et sentez la vie en elle, sa force, son caractère…. Respirez ses parfums.
Puis laissez-la se raconter, écoutez sa voix ronde et rocailleuse, silencieuse et bruissant… Ecoutez son authenticité.
Et foi de Colporteur, de cette terre aveyronnaise, vous aussi vous en tomberez amoureux…

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